Mardi 4 septembre 2007
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J'ai connu Charles Taylor durant mes années de second cycle à McGill. J'aime Charles Taylor depuis des années. Malheureusement, des gens comme Taylor ne courent pas les rues. Les penseurs et philosophes représentent un acquis pour une société qui se veut mature et réfléchie. Fernand Dumont, Guy Rocher, Léon Dion sont autant de penseurs utiles à notre réflexion sociale que Charles Taylor l'est actuellement à titre de Co-Président de la commission sur les accommodements raisonnables.
Dans le monde universitaire et la communauté des chercheurs, Taylor est reconnu pour son intérêt marqué dans les domaines suivants: la diversité culturelle et cosmopolite, l'expression des diverses fois religieuses, le sécularisme, le libéralisme pure à l'encontre du communautarisme, et la vie communautaire au sens large.
Ce matin dans le Journal de Montréal, Richard Martineau associe bêtement Charles Taylor à la droite religieuse américaine. Martineau parle à travers son chapeau. Ce n'est pas la première fois, mais cette fois-ci, il s'agit d'un triste exemple d'une chronique digne des fast-food intellectuels américains. Qui pourrait croire que Charles Taylor soit associé à la droite biblique américaine ? Faut-il rappeler que Taylor a été candidat du NPD fédéral à 4 reprises, dont une fois contre Pierre E. Trudeau ? L'idéologie du NPD n'est pas très compatible avec la Southern Bible Belt...
Taylor est actuellement traduit en plus de 20 langues et ses ouvrages sont inclus dans le curriculum de plusieurs cours universitaires sur la planète. Taylor a été reconnu à plusieurs reprises pour son apport à la réflexion et la philosophie par le Gouvernement du Canada qui l'a fait Compagnon de l'Ordre du Canada en 1995 et le Québec qui l'a désigné comme Grand Officier de l'Ordre National. Si la Fondation Templeton lui a donné un prix de 1,5 millions de dollars, c'est pour ses multiples recherches sur l'aspect spirituel et le phénomène religieux. Martineau y voit du mal et pourtant, l'Université Harvard vient de publier son dernier volume "A secular Age" qui fait justement le point sur le genre de débat que la société québécoise s'apprête à avoir:
"What does it mean to say that we live in a secular age? Almost everyone would agree that we--in the West, at least--largely do. And clearly the place of religion in our societies has changed profoundly in the last few centuries. In what will be a defining book for our time, Charles Taylor takes up the question of what these changes mean--of what, precisely, happens when a society in which it is virtually impossible not to believe in God becomes one in which faith, even for the staunchest believer, is only one human possibility among others." (Citation: Harvard University Press - 2007).
Richard Martineau cherche des scandales où il n'en existe pas.
Dans un débat semblable, les pseudo leaders d'opinion doivent aborder ce débat avec calme et réflexion. Laissons aux gens désignées par le Gouvernement québécois le soin d'entendre la population et faire les recommandations. Une fois celles-ci colligées dans le Rapport de MM. Taylor et Bouchard, nous aurons le loisir de nous exprimer à notre tour. Pour le moment, la démagogie et le fast-food n'ont pas leur place.
Stéphane Gendron
À qui faites vous confiance pour éclairer le Gouvernement et l'Assemblée Nationale ?
Charles Taylor ?
Ou Richard Martineau ?
Par Stéphane Gendron
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Publié dans : huntingdon
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